top of page

L’arc-en-ciel : quand la lumière devient palette

  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

Double arc-en-ciel de R H Digeon
© Domaine public - R.H. Digeon, 1868

Il suffit d’un rayon de soleil après la pluie pour que le ciel se transforme en composition parfaite. Un dégradé suspendu, presque irréel, comme si la nature avait soudain décidé de devenir graphiste.


L’arc-en-ciel est l’un des phénomènes naturels les plus familiers, et pourtant rarement expliqué dans le détail. Derrière son apparence simple se cache une mécanique précise : une transformation de la lumière blanche en un dégradé continu de couleurs.

Il apparaît lorsque la lumière du soleil rencontre des gouttes d’eau en suspension dans l’air. Pour qu’il soit visible, le soleil doit se trouver derrière l’observateur, et la pluie devant lui. C’est cette configuration qui permet à la lumière d’entrer dans les gouttes et d’y être transformée.


Dans chaque goutte, la lumière suit un parcours spécifique. Elle entre, change de direction, se réfléchit à l’intérieur, puis ressort. Ce phénomène, appelé réfraction et réflexion, décompose la lumière blanche en plusieurs couleurs : c’est la dispersion.


Vie des Savants Illustres par L. Figuier
© Domaine public - Vie des Savants Illustres du XVIIIe siècle, Louis Figuier, 1870.

Au XVIIe siècle, Isaac Newton a montré que la lumière blanche est en réalité composée d’un ensemble de couleurs. En utilisant un prisme, il a révélé ce spectre que l’on retrouve dans l’arc-en-ciel.

Les couleurs apparaissent toujours dans le même ordre : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, elles ne sont pas séparées nettement. Elles forment un dégradé continu, sans frontières visibles.


Une forme liée au regard

L’arc-en-ciel n’est pas un objet dans le ciel, mais une construction visuelle. Chaque goutte renvoie une seule couleur vers l’œil, selon un angle précis. L’ensemble de ces directions forme une courbe. En réalité, il s’agit d’un cercle complet, dont seule une partie est visible depuis le sol.


Il arrive parfois qu’un second arc apparaisse, plus pâle, au-dessus du premier. Dans ce cas, la lumière a subi une réflexion supplémentaire à l’intérieur des gouttes, ce qui inverse les couleurs et diminue le contraste.


Dans le ciel, le dégradé suit toujours le même ordre : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Un spectre continu, sans découpe.


Les couleurs de l'arc-en-ciel

Dans le design, on procède différemment. Sur écran, les couleurs sont produites en additionnant de la lumière (RVB). En impression, elles sont obtenues en la filtrant avec des encres (CMJN). L’arc-en-ciel, lui, ne compose rien : il révèle directement ce que la lumière contient.


Au fond, c’est un dégradé qui échappe : impossible à fixer, impossible à reproduire exactement... comme si, là encore, la nature faisait mieux que nous.



un oeil découpé dans les pages d'un magazine


POUR ALLER PLUS LOIN

Sur les travaux de Newton : "Vies des savants illustres du XVIIIe siècle". https://archive.org/details/viesdessavantsil00figu


Commentaires


bottom of page